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Traduit de l’Américain par G. Montandon
« Comme je suis américain, je n’ai jamais réussi à comprendre qu’un homme qui trouve de l’or dans le sol ne cherche pas à l’en extraire. Il me paraissait donc normal que le gouvernement bolchevique désirât extraire l’or et eût recours à mes services pour l’y aider. (…) Il semble que les inventeurs du communisme, y compris Karl Marx et Lénine, nourrissaient l’opinion que l’or perdrait sa valeur dans le régime collectiviste ; l’un d’eux aurait fait la remarque sarcastique qu’en régime socialiste l’or ne servirait qu’à revêtir les dents et à d’autres emplois sanitaires. »
À l’automne 1927, un bolchevik haut placé, visite l’Alaska. John D. Littlepage, ingénieur américain spécialisé dans l’extraction de l’or de cette région, lui sert de guide. Étrangement, le représentant de la Moscou « rouge » n’a pas un couteau entre les dents et semble être un ingénieur hors pair. Les deux hommes s’apprécient et le bolchevik propose à Littlepage de venir s’installer en Russie avec sa famille, pour organiser le « trust de l’or ».
L’auteur y passera près de dix années et quelles années ! Il verra le triomphe politique de Staline, la collectivisation des campagnes et la dékoulakisation, l’industrialisation et la « lutte contre les saboteurs », les déplacements des populations, la sédentarisation forcée des nomades. Il sillonnera le territoire des Soviets, de Moscou au fin fond de la Sibérie et du Kazakhstan. Il sera aussi – et peut-être surtout – le témoin de la naissance d’une nouvelle société soviétique.
Son témoignage, écrit après son retour aux États-Unis, est celui d’un homme de terrain, qui appréhende le réel par le prisme de sa profession. Ce point de vue, rare à l’époque – car rares sont les étrangers à être mêlés d’aussi près, et sur un temps aussi long, à la construction du réel soviétique – fait de son livre un ouvrage exceptionnel.
Précis, documenté, plein d’enseignements sur une période qui, en dépit des innombrables travaux d’historiens ou de soviétologues, demeure obscure, l’ouvrage de Littlepage se lit comme un roman d’aventure moderne.
Format : 15 x 21 cm - 316 pages.
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